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La place dans la fratrie, influente ?

La place dans la fratrie fait-elle une différence ?

 

Ainé, cadet, benjamin … quelle différence ?

Hormis les idées reçues qui veulent que le premier serait un décideur potentiel et le dernier de la famille un éternel bébé, existe-t-il une place meilleure qu’une autre ? Et surtout cette position dans la fratrie influence-t-elle un peu, voire beaucoup notre vie d’enfant et d’adulte ?

 

Le rang de naissance marque-t-il le caractère de l’enfant ?

Classiquement, c’est le premier né qui « fait ses parents ». A la fois source de joie et d’inquiétude, il ouvre la voie mais peut également en faire les frais. Enfant roi pendant quelques mois, voire des années, il va devoir apprendre à partager avec l’arrivée d’un petit frère ou sœur. Pour le cadet, tiraillé entre grand et petit, il peut avoir du mal à trouver sa place. Quant au benjamin, si la voie semble plus facile et tracée pour lui, il peut néanmoins connaître des difficultés pour s’affirmer.

 

Quelles sont les spécificités observées en fonction de la place dans la fratrie ?

L’ainé porte les ambitions de ses parents. Il est volontiers perfectionniste, responsable, d’autant plus qu’on lui confie plus de tâches qu’aux autres.

Le cadet, lui, apprend très tôt à s’adapter. Car il est élevé au rythme de la vie de son ainé, ce qui fera de lui un enfant plus souple et plus sociable que son grand frère ou sœur. A lui le compromis et la diplomatie pour parvenir à ses fins ! Revers de la médaille : il peut trouver que l’ainé a plus de privilèges, que l’on cède tout au petit dernier, et se refermer comme une huitre ou se braquer.

Et le petit dernier ? Il suit le mouvement, prend peu de décisions et utilise ses talents de charmeur et de manipulateur pour obtenir ce qu’il veut.

 

Mais parfois, cela ne change rien !

Dans certaines familles si l’aîné est valorisé, cela ne sera absolument pas le cas dans d’autres.

Et le vécu de l’enfant ne sera pas le même selon qu’il est une fille ou un garçon. La fille aînée devra, peut-être, plus s’occuper de ses frères et sœurs, le cadet pourra avoir envie de dépasser son aîné plutôt que d’être son souffre-douleur. Et le benjamin n’est pas toujours manipulateur.

Les idées reçues ont la vie dure, même en matière de fratrie :-)

 

Existe-t-il une position plus enviable qu’une autre ?

Interrogé sur la question, Serge Hefez, psychiatre et psychanalyste répond que « la meilleure place est souvent celle que l’on n’a pas ! » Et Virginie Megglé, psychanalyste spécialisée dans les troubles de l’enfance et de l’adolescence, de renchérir « nous passons notre vie à nous convaincre que notre place est la meilleure ».

La conclusion ? Aucune position n’est plus propice qu’une autre, elle oblige juste à faire face à des difficultés spécifiques. C’est plus la manière de réagir des parents qui reste importante, en ne figeant pas leurs enfants pour toujours dans une place déterminée.

 

Est-ce que le destin est tout tracé si on est ainé ou benjamin ?

Oui, disent certains spécialistes, convaincus que nos gènes dictent nos comportements. L’ainé lutte pour garder ses privilèges, par conséquent il deviendra le défenseur de l’ordre et l’ennemi de tout changement. De la même façon, un cadet qui doit conquérir sa place sera un rebelle-né !

Non, suggèrent d’autres experts, comme Françoise Peille, psychologue clinicienne, qui renvoie à l’influence du vécu sur notre destinée. « L’expérience montre que la position dépend essentiellement du sentiment que chacun a de la place occupée dans le cœur parental, explique-t-elle, du vécu à l’intérieur de la fratrie et du regard des autres sur cette place ».

 

Notre place dans la fratrie va-t-elle influencer le parent que nous allons devenir ?

A l’évidence, les parents vont projeter des sentiments qu’eux-mêmes ont connu petits. Ils aiment autant chacun de leurs enfants, mais se retrouveront plus facilement dans celui qui a le même rang de naissance qu’eux. Ils ont le sentiment de mieux le comprendre et seront plus attentifs envers lui.

 

 

Maryse Damiens

E comme enfants

 

Pour en savoir plus

On peut également voir et revoir « Un air de famille » de Cédric Klapisch, « Juste la fin du monde » de Xavier Dolan ou encore « Un conte de Noël » d’Arnaud Desplechin qui mettent en images avec doigté et justesse les relations familiales.

19
avril